Vendredi 2 mai 2008

Nouvelle proposition de jeu N°39 de Virginie Edensland, pour ECRITURE LUDIQUE: Cette fois ci, c'est un combiné de 2 exercices, un début et 15 mots imposés, dont 10 obligatoires.

Voici le début :
 "Il ou elle reposa le téléphone... Les larmes emplirent ses yeux... Il n'y avait plus d'espoir..."

Et voici les 15 mots :
  

soleil main – regard – feuille – rideau – océan – demain – oublier – rancœursoulagementimpassebonheur – lancinant – pourquoipoing.



Elle reposa le téléphone.. les larmes emplirent ses yeux.. Il n'y avait plus d'espoir...
C'était fini. Elle n'avait pourtant pas espéré tant que ça. Elle l'avait déjà imaginé. Mais cela ne s'était pas produit comme elle pensait. Il était mort. malgré le soleil, malgré l'herbe verte, malgré les oiseaux qui chantent, malgré sa tenue d'été. Petit ange, grand oncle était parti loin de tous, loin d'elle; comme annoncé. Cancer du poumon, pas de chance, aucun possibilité de survie. Métastases, pas d'opération possible, aucune rémission n'avait été à l'ordre du jour. Même pire, tout s'était accéléré: embolie pulmonaire il y a un mois. Aucun soulagement possible, aucune pause depuis janvier. L'impasse, le non choix, le vertige, la colère, la rancoeur. tout résumait, tout était vécu. Plus d'espoir, plus de vie, plus de blague de sa part, plus la chance de le voir faire ses confitures dans sa véranda, plus de choix de le trouver dans son garage en train de suspendre ses saucissons faits maison. Plus de demain pour lui, pour nous, pour elle et son besoin de lui, de sa personne, de son être. Que va t-elle faire? Que doit-elle faire? Elle se toucha. Sa main caressa ses avant bras, s'entoura d’elle même, respira sans arriver à le faire totalement. Elle se toucha, toucha, elle était vivante elle, malgré l'annonce, malgré la mort de l'autre. Pourquoi? Pourquoi lui et pas elle? pourquoi était elle toujours là? pourquoi rien ne s'arrêtait alors que tout était mort en elle? Elle marcha en direction du miroir, elle se regarda, elle vu ses yeux, derrière le rideau de ses larmes, derrière la souffrance qu'elle était incapable de décrire, de constater, de mesurer. Rien ne semblait pouvoir être pire. Que devait-elle faire à présent? tout à l'heure ? et demain ? ? Elle prit son sac, ses lunettes de soleil, ses clés et partit, machinalement. La porte ouverte, elle prit la chaleur en plein corps. Elle s'arrêta brusquement; les couleurs des fleurs, les branches dans le vent doux d'une après-midi de juin, tout ce bonheur naturel ne rimait pas avec son intérieur. Quelle blessure ! Elle ferma la porte, et serra le poing: elle devait en plus de sa souffrance, combattre le bonheur de la saison. La nature, son allié de toujours, devenait trop difficile, ne pouvait la porter à cet instant. Elle était trop belle, n'avait-elle pas compris?
Elle prit sa voiture, enfin elle partit, enfin des mouvements, non mesurés, mais ils étaient là; elle s'apaisait, lentement. Sa voiture la conduisait chez ses parents. Elle les retrouva en pleine organisation, en plein remue ménage. tout se bousculait en elle.. elle n'avait vraiment pas besoin de ça..
Elle rejoignit alors sa tante quelques kilomètres plus loin. Elle trouva le calme. Elle se trouva à sa place. Elle rejoignit la chambre où il avait respiré avec douleur pour la dernière fois, prit sa main, et pleura. Il ne la regardait plus. Elle était pourtant là. Que faisait-elle ici? pourquoi ne bougeait-il pas? pourquoi n'était-il pas vivant? pourquoi cela? pourquoi lui? pourquoi la fin de la relation lui-elle?

Par maho - Communauté : Ecriture Ludique
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